Flux et reflux d'une marée humaine
L'exode ardennais 1940 suivant des témoignages
Joseph Seguinot
Auto édition 2011
136 pages, 14 * 21
La déclaration de la deuxième guerre mondiale entre la France et l’Allemagne en 1939, se déchaîna le 10 mai 1940.
Les Ardennais en première ligne, surpris, évacuent en masse, suivant l’autorité préfectorale. La soudaineté, la précipitation de la foule sur les routes déjà encombrées par la troupe française, les bombardements d’aviation des populations et des voies ferrées, provoquent un imbroglio indescriptible !
Cette évacuation, appelée ‘l’exode’, va se transformer en cauchemar pour les nombreux réfugiés. Leurs destinations prévues sont la Vendée ou les Deux-Sèvres pour les Ardennais, les Charentes pour les Meusiens et Mosellans. Pourtant la réalité sera toute autre pour certains, vous le constaterez bientôt…
Cette vague de réfugiés fuyant vers l’Ouest, va revenir en sens inverse après que les populations aient sympathisé, tissant des liens innombrables. Je nomme cela ‘le flux et le reflux d’une marée humaine’... les comparant aux vagues déferlantes sur le sable, qui se retirent ensuite en entraînant la grève.
Ces flux et reflux, nous permettent de suivre huit familles ardennaises dans la tourmente. De Givet, Chooz, Haybes en passant à Brognon, Floing et Charleville-Mézières, nous ferons connaissance de ces réfugiés, leurs aléas, leurs destinations. Le hasard nous fera découvrir d’autres familles de Sedan, de Olizy-sur-Chiers et même de Belgique.
Mon récit cousu de faits réels, retrace cette époque de 1940 à nos jours. Pour l’exode, j’emprunte des écrits et récits de personnes ayant évacué. Quant au séjour en Charente-Maritime, je l’ai personnellement vécu dans ma commune natale de Brie-sous-Archiac, où j’ai vu arriver ces réfugiés. A l’école avec les plus jeunes, nous avons partagé nos leçons et nos jeux. Plus tard, le tourbillon du retour m’a aspiré à mon tour dans les Ardennes, où j’ai retrouvé de nombreux camarades de classe et autres réfugiés plus âgés. Marié à Charleville et définitivement établi dans la cité de Gonzague, nos familles ont tissé un réseau familial solide, bien enraciné.
Soixante-dix ans après, pour les nouvelles générations, il me semble bon de raviver le devoir de mémoire !